samedi 15 février 2020

"Je mets un tableau sur un mur. Ensuite, j'oublie qu'il y a un mur. Je ne sais plus ce qu'il y a derrière ce mur, je ne sais plus qu'il y a un mur, je ne sais plus que ce mur est un mur, je ne sais plus ce que c'est qu'un mur. Je ne sais plus que dans mon appartement, il y a des murs, et que s'il y avait pas de murs, il n'y aurait pas d'appartement. Le mur n'est plus ce qui délimite et définit le lieu où je vis, ce qui le sépare des autres lieux où les autres vivent, il n'est plus qu'un support pour le tableau. Mais j'oublie aussi le tableau, je ne le regarde plus, je ne sais plus le regarder. J'ai mis le tableau sur le mur pour oublier qu'il y avait un mur, mais en oubliant le mur, j'oublie aussi le tableau. Il y a des tableaux parce qu'il y a des murs et l'on a rien trouvé de mieux pour ça que les tableaux. Ou alors il faudrait changer continuellement, soit de mur, soit de tableau, mettre sans cesse d'autres tableaux sur les murs, ou tout le temps changer le tableau de mur.
On pourrait écrire sur ces murs ( comme on écrit parfois sur les façades des maisons, sur les palissades des chantiers, sur les murailles des prisons), mais on ne le fait que très rarement."
Georges Perec, Espèces d'espaces (1974).


lundi 3 février 2020

Je crois que je m'étais un peu perdue et que je me suis un peu retrouvée.

Le monde va tellement vite que la question n'est plus de savoir si l'on va bien ou mal mais d'arriver à déterminer si l'on est encore soi.

Je n'écris plus et pourtant il faudrait écrire davantage, noter quelque part ce mélange de joies et de peines qui font la vie d'aujourd'hui afin de ne pas la laisser sombrer totalement dans l'oubli. 
Temps partiel, grêve, retraites, muffins, sorties cinéma, théâtre, rhume, bavardages, anniversaire, vieillesse, café, salades, amies, trop, pas assez, jamais satisfaite...

2020, je n'ai encore rien publié cette année. Je n'ai pas le temps, pas l'envie, pas le besoin. Et pourtant... Moins j'écris et plus je me perds. Aujourd'hui, j'ai ressenti ce gouffre qui s'est créé peu à peu entre moi et moi-même, entre ce que j'étais et ce que je suis devenue, entre ce que j'ai acquis et ce que j'ai perdu.

La vérité est que je n'ai plus le temps de me retrouver ou alors est-ce une excuse ? En tout cas, je n'arrive pas à entrer dans cet état de lucidité transcendentale (sortons les grands mots) qui permet l'écriture. 
Je ne suis jamais seule et jamais libre : mes pensées voguent toujours de l'une à l'autre des mille choses à faire (concevoir des cours de latin, corriger des copies, me cultiver sur la civilisation greco-romaine, sur les films de collège au cinéma,  m'interroger sur les élèves collées à cause de l'option équitation, acheter des habits en solde et les renvoyer, réfléchir à ce qu'on mange à midi, jouer à des jeux, lire des livres, caresser Tigrou, partager mes pensées ou regarder un film...). 

J'ai beaucoup évolué : j'ai été titularisée, j'ai perdu 20 kilos, je commence à m'en sortir en tant que prof, je suis dans une relation stable et je suis Pacsée. Tout va pour le mieux, je veux donner l'image d'une femme qui avance, qui fait du sport, qui lit des livres, qui se cultive et qui ne se laisse pas abattre. Quelqu'un de positif et de compétent qui a laissé les problèmes derrière, qui a tourné la page. L'illusion a si bien fonctionné que je ne m'estime plus en droit d'évoquer mes problèmes devant mes amies. 
Mais ce n'est pas pour autant que l'image parfaite qui leur est renvoyée est la réalité. La vérité, c'est que parfois ça ne va pas et que je ne peux plus le dire. Mes malheurs sont dérisoires et je n'ai plus personne à qui les confier. Personne n'a envie de les entendre, personne n'a envie de m'écouter Alors je me tais. J'attends que ça passe. Et même moi, je ne m'écoute plus. Mais parfois, je réalie que je suis fatiguée. Et ces derniers jours à cause de plein de petites choses qui s'ajoutent, je ne vais pas très bien. Ce n'est pas grave. Il y a des hauts et des bas et demain, peut-être que tout ira mieux. 

En attendant, je voualais juste dire qu'on ne tire pas un trait aussi facilement sur qui on était et aujourd'hui, je me suis souvenue que j'avais aussi le droit de pleurer. Et que ce n'était pas grave s'il n'y avait personne pour m'écouter.

Voilà une vérité fondamentale. 

Et justement,  peut-être que c'est en abolissant tout dialogue avec autrui que je peux renouer le lien qui m'unissait à la feuille de papier. 







dimanche 3 novembre 2019

La Turquie : mélange de couleurs, de saveurs, de souvenirs.
Une expérience enrichissante et dépaysante.
Un voyage géographique et intérieur.

Des situations qui font relativiser.
Un retour exaltant et chaleureux.
Il est temps de vivre sans se gâcher la vie.

Essayer de laisser l'amour nous traverser, comme dans le livre Soufi, mon amour d'Elie Shafak.
Essayer de positiver avec le chant du coq de Cocorico !

Il est temps de passer un cap.
De vivre en étant toujours un peu en vacances.


Et même si on n'a pas le temps.


vendredi 18 octobre 2019

Mal au coeur d'entendre au loin l'écho des mots vengeurs, assassins. Ceux contre lesquels on ne peut pas se défendre et qu'il vaut mieux ignorer.

Deçue des Autres, de ceux qui se veulent Adultes et Humanistes.

Qu'il est difficile de se frayer un chemin dans le monde et de trouver sa voie.
Se résigner à avancer sans regarder sur le côté. Porter des oeillères.
Tout ignorer.

jeudi 26 septembre 2019

Retrouver le gout des saveurs perdues, des choses oubliées.
Prendre le temps de le perdre pour mieux le gagner.

mardi 24 septembre 2019

Déprimante soirée d'automne... J'ai du mal avec l'invariable.

Envie de rien. Le temps passe. Quotidien gris, morose. Ennui.
Ma vie manque de poésie, d'exaltation. C'est le quotidien.
Je n'ai pas le temps de commencer ce que je veux.
On ne l''a jamais, le temps. Il faut toujours faire autre chose.
Préparer des cours, corriger des copies, penser à demain.
Quand profiter du moment présent ?

Essouflée. On n'est pourtant qu'au milieu de la course.
Je regarde partout autour de moi. Je cherche en vain, pas de magie.
Rien qui enchante le quotidien.

Comment font les gens pour se satisfaire de leur train-train ?
De cette sucession interminable de jours et de nuits toujours semblables.
Manque d'objectifs, de projets à ma portée.
Quelque chose qui me fasse vibrer est tout ce qu'il me manque pour sortir de la grisaille.

***

Ecrire, et pour mieux le faire, toujours supprimer.

samedi 7 septembre 2019

C'est comme si la sérénité, le calme et la tranquilité avaient disparu de ma vie et que je les redécouvraient à présent. 


Je suis si rarement seule. 
Je ne prends plus le temps de ne rien faire, d'écouter le silence. 

Il y a toujours tant de choses à faire, tant de gens à voir, d'objectifs à atteindre, de pays à visiter, de fringues à vendre, de cours à préparer, de kilos à perdre...

Je suis emportée par le rythme effréné du monde, mes journées s'enchaînent à toute vitesse, je n'ai plus le temps de rêver. 

Jusqu'à présent, je ne le voyais pas mais en faisant un pas de côté, j'ai jeté un regard plein de lucidité sur ce passé débridé.
J'ai l'impression de m'être perdue quelque part, de pas avoir pris assez le temps d'écouter ce qui était au fond de moi : j'étais trop prise par les cours, par le voyage, par le latin, par l'attente pleine d'appréhension de cette rentrée, par le fait de vivre à deux aussi. 

Trop de voix résonnaient en moi, la mienne s'était tue. Et je peux dire maintenant qu'elle m'avait manquée.